21 juin 2020. Lors d’une standing ovation prolongée, la Convention Citoyenne pour le Climat rend ses conclusions. Constituée en octobre 2019, cette assemblée citoyenne, première en son genre en France, a permis une implication directe des citoyens dans la réponse à la crise climatique.

Tout juste une semaine après cette scène, une « vague verte » déferle sur le second tour des municipales. Les candidats écologistes font leur meilleur score jamais enregistré, remportant des grandes villes comme Lyon, Bordeaux, Strasbourg et Annecy. En France comme ailleurs, une évidence s’impose : le climat est une priorité absolue, et les citoyens veulent contribuer aux solutions. 

Consensus citoyen sur le climat

Si les solutions à la crise climatique font encore débat, l’existence de cette crise, elle, fait consensus. Ces dernières années a eu lieu, en Europe et ailleurs, une véritable prise de conscience environnementale. L’électorat des partis écologistes grandit local comme au niveau et européen : la « vague verte » des européennes de 2019 a fait progresser de 40% la représentation des Verts au parlement, et les écologistes viennent d’enregistrer un score historique aux municipales de 2020, remportant des villes comme Bordeaux, Lyon ou Strasbourg. La mobilisation pour le climat dépasse bien souvent les habituels clivages politiques et les différences d’âge ou de classe sociale.

Au cours des dernières années, la volonté des citoyens d’être associés à la prise de décisions en dehors des seules périodes d’élections est devenue de plus en plus manifeste. Cette demande d’implication est particulièrement forte pour l’environnement : l’urgence et la gravité de la crise climatique nécessitent d’impliquer la société toute entière et de faire émerger des solutions innovantes.

Au cours de l’année 2019, des manifestations en faveur du climat ont entrainé des dizaines de milliers de personnes dans la rue à travers le monde – en Belgique, le mouvement Youth4Climate a ainsi mobilisé des dizaines de milliers de jeunes à manifester plusieurs mois d’affilée. Afin de recueillir les idées des participants, les organisateurs du mouvement ont mis en place une plateforme de consultation citoyenne – en l’espace de quelques mois, le site a recueilli plus de 1.700 contributions, qui ont ensuite été traduites en 15 propositions concrètes pour le gouvernement. Hors des manifestations, le climat est également le sujet le plus courant et le plus populaire lorsqu’il s’agit de pétitions citoyennes. Avec plus de 2.3 millions de signatures, « L’affaire du siècle« , lancée en 2018 en France, a été la pétition la plus signée de l’histoire du pays.

Ces revendications ont été portées en partie par le mouvement des gilets jaunes : au début de l’année 2019, les Collectifs Gilets Citoyens et Démocratie Ouverte ont ainsi plaidé pour la constitution d’une assemblée citoyenne sur le thème du climat et de la transition énergétique. L’enjeu de la convention citoyenne pour le climat, issue de ces discussions, est de taille : il s’agit non seulement de formuler des solutions à la crise climatique, mais aussi – et surtout – de donner une légitimité politique à ces solutions et d’éviter ainsi une nouvelle crise comme celle des gilets jaunes, initiée par une réglementation sur le prix des carburants.

Les collectivités locales, en première ligne de la lutte contre le réchauffement climatique

Les grandes directions de la lutte contre le réchauffement climatiques sont prises au niveau national, mais il revient souvent aux communes et aux collectivités d’articuler ces politiques à l’échelle locale et de les décliner en solutions concrètes. Les municipalités ont ainsi un rôle essentiel à jouer dans les domaines de l’urbanisme, de l’énergie ou encore de la mobilité, regroupées sous le terme de « compétences Climat-Air-Energie« . La nouvelle loi sur la décentralisation, actuellement en cours d’examen au Sénat, prévoit d’étendre encore les compétences des communes sur ces sujets. Dans les années à venir, les territoires vont avoir des responsabilités grandissantes sur la transition énergétique. Le vote historique des municipales de 2020 a également montré que pour les habitants, la lutte contre le réchauffement climatique se joue en grande partie au niveau local.

A cette échelle, la consultation sur des problématiques liées au climat permet de faire émerger des propositions innovantes pour s’aligner sur les réglementations nationales. L’appétence des habitants pour partiper à l’élaboration de solutions est très forte, et ces campagnes de consultation remportent souvent un fort succès. L’agglomération de Grand Paris Sud a ainsi lancé courant 2018 une première consultation sur son plan « Climat Air Energie », demandant aux citoyens de partager leurs priorités, et de contribuer des idées pour aider la commune à atteindre ses objectifs environnementaux.

Le plan Climat Air Énergie de Grand Paris Sud

En 2019, la deuxième vague de consultation a vu de 6.000 contributions de la part des habitants. 6 projets citoyens ont été sélectionnés et mis en place dans la commune. L’intelligence collective mise au service de la prise de décisions permet ainsi de faire émerger des propositions pratiques, utiles, et alignées sur les priorités des citoyens.

Enfin, au delà de la co-création de solutions, la participation citoyenne sur le climat permet de renforcer le lien de confiance entre citoyens et élus. Elle permet aux habitants de se sentir écoutés et de poser les bases d’un dialogue constructif. Les solutions de la lutte pour le climat ne sont pas toujours évidentes, et les décisions doivent parfois être radicales. En impliquant les citoyens dès le début des discussions, les élu.e.s peuvent s’assurer que les décisions sont prises en commun et comprises par tous, renforcant ainsi le soutien aux politiques qui en découlent.

Enfin, si toutes les communes n’ont pas les moyens de lancer des campagnes de la taille de celle de Grand Paris Sud, il existe de multiples options pour impliquer les habitants sur la question de l’environnement. Il est ainsi possible de mettre en place des sondages sur la mobilité, des enquêtes sur les priorités des citoyens ou encore des budgets participatifs pour distribuer les fonds alloués à l’écologie au niveau local. Prêtes à vous lancer ? N’hésitez pas à nous contacter !

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