La participation est un immense atout pour les collectivités territoriales. En associant les citoyens à la prise de décision, elle permet de renforcer la transparence des gouvernements locaux et de faire émerger des solutions innovantes et adaptées à la réalité du terrain. Malgré ces bénéfices, l’engagement citoyen rencontre encore des réticences à l’intérieur des administrations: “trop cher”, “trop compliqué”, “trop incertain”… 

Dans notre webinaire de novembre, Patrick Norynberg (formateur-Consultant auprès des Collectivités et ancien cadre territorial) et Yann Ombrello (conseillère municipale déléguée à la Démocratie participative d’Orsay) ont partagé leurs expériences et leurs conseils pratiques pour maximiser les chances de réussite des projets de participation citoyenne portés par les collectivités. Voici les points à retenir !

La participation est un processus d’éducation pour les citoyens comme pour les gouvernements.

Pour Yann Ombrello, la participation citoyenne est un élément fondamental des collectivités locales. Elle sert à renforcer la confiance des citoyens en le processus démocratique, et de leur montrer comment fonctionne la municipalité. En expliquant aux habitant comment fonctionne la commune et en mettant en lumière les domaines de compétences de l’administration, il est possible de désamorcer certains conflits. 

« La démocratie participative n’est pas de la communication – c’est un processus d’éducation populaire et mutuelle ! »

Patrick Norynberg

L’échange va dans les deux sens : pour Patrick Norynberg, la participation est un “processus d’éducation populaire et mutuelle” qui permet aux citoyens de “faire leur part” pour la démocratie et d’apporter une expérience citoyenne, ancrée dans le réel, aux élu.e.s. 

Les blocages : la confiance, l’organisation, le coût.

Yann Ombrello et Patrick Norynberg identifient trois problèmes fréquents qui peuvent freiner le développement de la participation citoyenne. 

  • La confiance : à l’échelle de nos démocraties modernes, la participation citoyenne est un concept relativement nouveau. Yan Ombrello comme Patrick Norynberg ont tous les deux vu de la méfiance chez certain.e.s élu.e.s à l’idée d’inclure les citoyens : la participation citoyenne pourrait apporter trop de retours négatifs, ou encore elle pourrait freiner l’efficacité de l’administration. Ces réticences initiales sont courantes, mais elles sont surmontables avec de la pédagogie et de la patience. Pour Patrick Norynberg, il est nécessaire de faire un travail de formation et d’acculturation à la participation, pour les élus comme pour les agents. Ces efforts aident à petit à petit construire la confiance des équipes internes et démontrer les bénéfices de la participation.
  • L’organisation : Patrick Norynberg explique que le service public s’est construit verticalement, avec “des chefs et des exécutants”. Comme la participation citoyenne peut concerner tous les domaines de la collectivité (de la mobilité à l’urbanisme ou à l’éducation), elle nécessite une organisation plus horizontale et un mode de fonctionnement différent des services actuels, souvent cloisonnés. Comme en témoigne Yann Ombrello, la participation remet en cause l’organisation de tous les services. Ce changement peut être bien vécu si les équipes sont accompagnées, formées et écoutées. Dans la mairie d’Orsay, l’équipe de démocratie participative effectue également un travail régulier de communication et d’échange. Yann Ombrello est ainsi en contact fréquent avec les différents services de la mairie pour rester au courant des nouveaux projets et aider les équipes à y intégrer de la participation citoyenne.
  • Le coût (financier et humain) est bien sûr un frein majeur pour les collectivités. Cependant, Yann Ombrello comme Patrick Norynberg sont formels : la participation citoyenne doit être vue comme un investissement ! Pour Patrick Norynberg, le service public a pour devoir de répondre aux besoins des administrés et de la société civile. Il se doit donc d’être en permanence au contact et à l’écoute des habitants pour pouvoir répondre aux attentes des citoyens.
    Même son de cloche du coté de la mairie d’Orsay : le coût des plateformes de participation n’étant pas très élevé, l’investissement financier nécessaire pour se lancer est limité. De plus, la participation citoyenne permet d’augmenter l’adhésion aux politiques qui en découlent – ce qui est un vrai gain pour les collectivités sur le long terme. Il faut également ajouter que la non-participation a un coût : l’opposition des citoyens à un projet et l’inadéquation avec les besoins des habitants entrainent des dépenses irréversibles sur le long terme.

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