Le problème climatique demande une réponse collective. La pression citoyenne vis-à-vis des autorités se fait de plus en plus forte, mais il arrive à nos gouvernements locaux de se retrouver perdu au moment de passer à l’action.

Fixer des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre est bien souvent une première étape. Le problème qu’il reste : comment gagner le soutien des citoyens ? La participation citoyenne conscientise les participants, les transforme en porteurs de projets ambitieux et leur permet de façonner plans et calendriers à leur image. 

Un échange sur les processus participatifs engagés par la Fondation Rurale de Wallonie et le WWF-Belgique apporte de précieux conseils. Tour d’horizon des meilleures pratiques partagées lors de notre dernier webinaire.

#1 : Une préparation rigoureuse et réfléchie

Le premier point qui ressort de notre discussion traite du travail réalisé avant les phases participatives. Le risque? Consulter pour consulter et puis se retrouver avec des données ou des résultats qu’on ne sait pas croiser par la suite. Il est aussi important d’évaluer avec précaution la charge de travail liée au processus envisagé.

« Un processus participatif, il faut l’assumer. Si on va vers les gens et qu’on leur demande une participation, il faut s’engager à revenir vers eux. » 

Marie Suleau, WWF

#2 : Ne pas négliger les moyens de communications traditionnels

L’expérience de la FRW le démontre : force est de constater que ce qui fonctionne très bien dans les communes rurales wallonnes, ce sont les bons vieux panneaux le long des routes. Le numérique fonctionne bien, mais dans les villages parfois ils privilégient le bouche-à-oreille ou le tract que l’on va recevoir dans sa boite aux lettres, ou encore dans la mallette des enfants. La FRW met aussi des tablettes à disposition dans les administrations communales. L’usage combiné de la communication digitale (notamment via les réseaux sociaux) et traditionnelle permet alors de toucher le public le plus large possible. 

Les intervenantes ont toutes les deux également insisté sur la nécessité de communiquer tout au long du processus participatif. La communication est ici vue comme une constante plutôt que comme une action linéaire. Cela permet de susciter le citoyen à plusieurs reprises et lors des différentes phases du projet, plutôt qu’à un moment précis. 

« Ce n’est pas parce qu’on consulte en numérique que la communication doit aussi forcément être digitale »

Christine Richard, FRW 

#3 : Intégrer la participation numérique dans un processus plus large

Le numérique et le présentiel se combinent parfaitement, et c’est important d’intégrer les deux approches dans une base de données commune.

La FRW constate par exemple que 85% des participants aux réunions en présentiel ne sont pas inscrits sur la plateforme numérique, alors que l’inverse est valable pour ceux intervenant de façon digitale.
Et à priori, ce n’est pas une mauvaise nouvelle ! Dans certaines communes wallonnes, cela permet de toucher jusqu’à 13% des habitants. La moitié d’entre eux interviennent via la plateforme, alors que les autres sont touchés par les méthodes de participation plus traditionnelles. 

« La plateforme numérique constitue une étape supplémentaire par rapport au processus initial. Le mot clef de son utilisation est d’ailleurs : complémentarité ! On veut que le hors-ligne et le digital se complètent. »

Christine Richard, FRW

#4 : Le niveau d’engagement demandé influence le degré de participation

Via la plateforme Youth Awards, le WWF a organisé un processus participatif invitant les 16-25 ans à soumettre leurs propositions de projet pour une société soucieuse du climat et de la biodiversité. La participation s’est déroulée en deux grandes phases. En premier lieu, les jeunes ont été invités à soumettre leurs projets. Pour être ensuite retenus, ceux-ci devaient apporter une solution locale à la crise climatique et répondre à certains critères de sélections transparents. Le WWF s’est engagé à apporter un soutien financier et méthodologique aux projets réunissant le plus grand nombre de votes lors de la deuxième phase.

Pour l’appel à projet, les réseaux sociaux ne se sont pas révélés être le meilleur canal de communication. Ce qui marche par contre très bien, ce sont les animations dans les écoles, la participation à des évènements (virtuels), et les liens avec les organisations actives dans le secteur de la jeunesse. Ou plus l’exprimer plus simplement : aller chercher les jeunes là où ils sont.

Dès lors que la phase de vote a été enclenchée, ils n’ont pratiquement plus rien dû faire. Les réseaux sociaux fonctionnent alors à merveille et les jeunes communiquent très bien entre eux ! Au total, plus de 6000 jeunes ont donné leurs avis sur les projets proposés.