Ces dernières années, nous assistons à un essor des solutions de mobilités partagées dans les villes du monde entier. Mais d’où vient cette tendance ? Et quel impact peut-elle avoir sur l’avenir de nos villes ?

Dans les zones urbaines des quatre coins du monde, des millions de personnes utilisent des voitures et des vélos en libre-service ou font du covoiturage. Selon une récente étude d’Emergen Research, la mobilité en tant que service devrait connaître une croissance de 26,3 % d’ici 2027, dépassant les 523,61 milliards de dollars de revenus. Les jeunes générations semblent se détourner du modèle traditionnel de propriété privée, pour lui préférer une vision plus collective d’usage de solutions de mobilités partagées et publiques. Comment bien comprendre ces nouveaux besoins ? Et comment les villes peuvent-elles mettre en place des solutions adaptées ?

Une forte demande de mobilités partagées

De nombreux facteurs contribuent au développement massif des solutions de mobilité partagée. Les innovations technologiques, notamment le développement d’applications et de solutions de paiement en ligne, permettent aujourd’hui de réserver une course et ou un vélo en un clic. Les solutions de mobilité partagée nous permettent de payer au fil de nos déplacements, au lieu d’investir dans un véhicule personnel. Bonne nouvelle, quand tout le monde n’a pas les moyens d’acheter une voiture ou de se payer des cours de conduite.

Et au regard des dérèglements climatiques de plus en plus visibles, nombreux sont ceux qui prennent conscience que le modèle traditionnel de propriété individuelle contribue de manière importante aux émissions de gaz à effet de serre, à la pollution atmosphérique et aux embouteillages, et qu’il n’est donc pas viable sur le long terme.

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que les citoyens réclament davantage de solutions de mobilités partagées, pour avoir accès à des moyens de transport durables, équitables et économiques. De plus, lorsque nous réduisons le nombre de voitures en circulation, le temps passé dans les embouteillages et les coûts de déplacement, nous ouvrons soudainement de nouvelles perspectives de vie dans nos collectivités et dans notre environnement. 

Des obstacles à surmonter

Si partout les populations plébiscitent le développement de solutions de mobilités nouvelles et innovantes, la mise en pratique se fait rarement sans faille. Dans de nombreux pays, ces options de mobilités alternatives sont souvent exclusivement disponibles dans les centres urbains et les quartiers les plus aisés. Cela désavantage les personnes vivant dans des zones plus reculées, où les distances sont généralement plus grandes et les infrastructures existantes plus anciennes.

De même, au cours des dernières années, les places de parking pour l’auto-partage, les trottinettes en libre service ou les vélos partagés semblent avoir été simplement lâchés dans les villes, sans que l’on se soucie vraiment de savoir où et comment les usagers en auraient le plus besoin. Ils deviennent ainsi parfois plus gênants qu’utiles, et cela peut entraîner la frustration des usagers et des habitants. Pour que la mobilité partagée soit véritablement considérée comme une alternative durable aux modes de transport traditionnels, nous devons veiller à ce qu’elle soit à la fois largement accessible et adaptée aux contextes locaux. 

Trop souvent, de nouvelles solutions de mobilité partagée se bousculent dans les rues sans tenir compte des besoins locaux réels.

Faire participer les citoyens sur la mobilité partagée

La seule façon de surmonter ces obstacles – et d’exploiter tout le potentiel de la mobilité partagée – est d’impliquer les citoyens et usagers dans le processus décisionnel. Les habitants et acteurs locaux connaissent leur environnement mieux que quiconque. Ils savent quelles solutions de mobilités partagées sont les plus adaptés et quels sont les points névralgiques où installer des vélos, des trottinettes, des scooters ou de voitures partagés…

La participation citoyenne est un moyen efficace pour se figurer avec précision les besoins de mobilité partagée d’une collectivité et de les adapter précisément au contexte local. Cela contribuera à susciter l’adhésion et à garantir une adoption optimale par la population. En somme, ce n’est que si les solutions de mobilité partagée sont pertinentes, efficaces et largement accessibles qu’elles peuvent être considérées comme durables.

Partage d’expérience

Qu’ont en commun une ville américaine, une commune française et une municipalité néerlandaise ? Nous avons travaillé avec elles pour mettre en place des projets de participation citoyenne en ligne sur le thème des mobilités partagées. Voyons comment Lancaster, Bourgoin-Jallieu et Almere ont abordé le sujet.

Lancaster lance une enquête sur les vélos en libre-service

La ville de Lancaster a développé son système de vélo-partage avec les acteurs locaux et a tenu compte des commentaires des usagers.

Récemment, la ville de Lancaster en Pennsylvanie a lancé un tout nouveau système de vélos en libre-service, développé en collaboration avec des acteurs locales. Six mois après le lancement de Bike It Lancaster, la ville a demandé aux usagers de donner leur avis et commentaires via une enquête. Le sondage visait principalement à connaître l’opinion des citoyens sur le système de vélo en libre-service, à savoir comment l’améliorer et comment développer le vélo-partage à Lancaster en général. Chaque participant a été récompensé par deux heures de vélo gratuite, une bonne façon d’inciter à la mobilité partagée et à la participation citoyenne du même coup !

Bourgoin-Jallieu consulte ses habitants sur les trottinettes électriques

Les trottinettes électriques peuvent rapidement devenir invasives si elles se retrouvent là où elles ne sont pas nécessaires. Il est donc essentiel d’impliquer les habitants dans les projets, pour déterminer les emplacements appropriés pour le stationnement par exemple.

À Bourgoin-Jallieu en Isère, l’équipe municipale a choisi les trottinettes électriques comme nouveau moyen de transport durable dans la ville. Mais avant de faire des plans, elle a décidé de lancer une enquête pour consulter ses citoyens. En impliquant les habitants et acteurs locaux dans le processus de décision et de planification, ils ont pu avoir accès à de précieuses informations pour définir les emplacements appropriés pour les places de stationnement des trottinettes dans la commune.

Almere explore les solutions de mobilité partagée

Almere a mis au point une nouvelle solution de mobilité partagée innovante, pour permettre aux personnes âgées de se rendre là où elles le souhaitent.

Tout comme dans les autres exemples, la ville néerlandaise d’Almere reconnaît la mobilité partagée comme une alternative intéressante aux transports traditionnels. Elle a également lancé une enquête pour connaître l’opinion des citoyens sur le sujet et recueillir des idées sur les solutions à envisager. 

Mais ce n’est pas tout. Almere a travaillé sur un projet plus vaste et plus global visant à améliorer le bonheur et le bien-être de ses aînés. Pour mener à bien cette mission, la ville a développé De Buurthopper (« le taxi collectif du quartier »), un véhicule partagé par quartier, que les personnes âgées peuvent réserver pour se rendre là où elles le souhaitent en toute sécurité, à un prix abordable et efficacement. Cet exemple nous prouve qu’il est pertinent de réfléchir à la manière dont la mobilité partagée peut être spécifiquement adaptée aux besoins des usagers.

Vous voulez consulter vos habitants sur les mobilités partagées ?

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