Des centres métropolitains animés aux petits villages de campagnes, partout où les gens se rassemblent, les questions de mobilité se posent inévitablement.

La mobilité désigne la façon dont nous nous déplaçons et restons connectés. Les infrastructures d’une ville, notamment la qualité de ses routes et de ses transports publics, est l’un des cinq principaux critères du Global Liveability Index de The Economist, représentant 20 % du score total de cet indice sur la qualité de vie. La mobilité, ce n’est pas seulement se rendre d’un point à un autre, c’est surtout pouvoir le faire de manière sûre, efficace et confortable.

De plus, toute réflexion sur nos réseaux routiers et ferroviaires conduit immanquablement à se poser des questions sur des sujets plus vastes, tels que la pollution, l’inclusion et l’accessibilité.

Alors, comment une collectivité locale peut-elle « bien faire » de la mobilité ? Ce que l’on entend par « bien » n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Les usagers ont des besoins et des attentes très variés. Un jeune qui se rend au travail n’a probablement pas les mêmes besoins qu’une personne âgée qui va à un rendez-vous médical ou qu’une personne handicapée qui fait ses courses à l’épicerie. Les cyclistes peuvent plaider en faveur de pistes cyclables sûres et bien connectées, tandis que la sécurité prend un tout autre sens pour les personnes appartenant à des minorités visibles ou les personnes LGBTQ+, ou pour les femmes qui rentrent chez elles la nuit tombée.

La participation citoyenne peut aider les collectivités locales à prendre en compte cette diversité de besoins dans leurs politiques et leurs plans de mobilité, afin de s’assurer qu’elles fixent les bonnes priorités et rendent la mobilité sûre et accessible à tous.

Chacun a des attentes différentes en matière de mobilité. Les collectivités locales ont la responsabilité de répondre à ces besoins, tout en s’efforçant d’atteindre les populations les plus marginalisées.

La mobilité et le changement climatique

Il est important de mentionner que les collectivités locales sont également confrontées à un autre défi en matière de planification de la mobilité : le changement climatique, qui nous oblige à repenser radicalement les transports tels que nous les connaissons et à trouver des solutions plus durables. Selon l’Agence de la transition écologique (ADEME), le secteur des transports est le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre, avec 30% des émissions de CO2 en France.

Les collectivités locales ont un rôle crucial à jouer dans la conception et la mise en œuvre d’un nouveau type de mobilités, intelligentes, durables et adaptées aux villes du futur. Mais comment peuvent-elles s’y prendre ? S’agit-il de mettre fin au règne de la voiture et de créer des zones sans voiture ou du moins à trafic limité ? Dans toute la ville ? Ou bien peuvent-elles le faire en améliorant les transports publics, en encourageant les mobilités partagées ou en investissant dans des pistes cyclables et des voies piétonnes supplémentaires ? Une fois encore, la co-construction des plans de mobilité avec les usagers peut aider les collectivités locales à définir les bonnes priorités.

Les transports représentent 30 % des émissions de gaz à effet de serre en France. Pour s’assurer que nos villes restent vivables, les collectivités locales du monde entier sont confrontées à un défi de taille : trouver des solutions de mobilités innovantes et durables.

Les usagers, experts de la qualité de vie en ville 

Les problèmes de ce type nécessitent des solutions innovantes et co-construites. Ainsi, lorsqu’il s’agit de définir des priorités et de composer avec un large éventail d’opinions, la participation citoyenne est un des outils les plus puissants à disposition des collectivités locales. En faisant participer les habitants et autres usagers à l’élaboration des plans et des politiques de mobilité, les collectivités locales puisent dans l’intelligence collective et accèdent à une mine de connaissances et d’expériences, une véritable expertise de terrain !

Les personnes qui vivent, travaillent, se déplacent, grandissent et vieillissent dans un lieu spécifique savent ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas et comment apporter des changements pertinents. Si vous vous demandez si les transports publics locaux sont suffisamment sûrs, propres ou fiables, il est logique d’interroger ceux qui prennent le bus ou le métro tous les jours. Et si vous cherchez à rendre la ville plus accessible, il est tout naturel d’impliquer ceux qui circulent en fauteuil roulant, avec une canne ou une poussette. 

Il existe une multitude de méthodes de participation citoyenne permettant de faire avancer ces discussions. Que vous préfériez lancer une enquête pour sonder l’opinion des usagers, utiliser la cartographie pour repérer les endroits où les options de mobilité doivent être développées ou organiser un atelier en ligne pour permettre un dialogue plus approfondi, la participation citoyenne peut vous aider à définir la voie à suivre, collectivement.

En effet, l’implication des citoyens aide les administrations locales à identifier les problèmes et les goulots d’étranglement, mais aussi à définir les priorités et les préférences (voir le cas de Charenton-le-Pont). Mais ce n’est pas tout. La participation des usagers favorise un sentiment de confiance mutuelle, ce dont les collectivités locales ont grandement besoin. Elle permet de mieux faire accepter les nouvelles décisions en matière de mobilité et, en fin de compte, de permettre aux collectivités locales de co-construire des solutions de mobilités innovantes et équitables, pour des villes plus agréables à vivre.

Co-construire son plan de mobilité avec les usagers

Vous êtes prêt à explorer les possibles dans votre collectivité ? Pour commencer :