Face aux manifestations dans les rues, aux votes contestataires et au ras-le-bol sur les réseaux sociaux, force est de constater que le dialogue entre les responsables politiques et les moins de 30 ans reste un exercice de haute voltige. Bien que ces jeunes aient un tas d’idées et d’énergie, ils ne savent souvent pas comment s’exprimer dans le cadre communal.

Voici deux façons d’inclure les jeunes dans la démocratie locale.

Si « blanc » était un parti, il aurait pu prétendre être le parti de la jeunesse absolue aux élections communales du 14 octobre 2018. En Flandre, 11% ont voté blanc ou nul, 18% en Wallonie et jusqu’à 21% à Bruxelles. Selon l’étude d’Université de Gand, 44 % de ces électeurs avaient entre 18 et 34 ans. 

Simon Demeulemeester, Journaliste du Knack

1. Mettre en place un conseil consultatif des jeunes

Afin de donner la parole aux plus jeunes, certaines communes font le choix d’instituer des conseils consultatifs des jeunes. Ces conseils sont des structures de concertation institutionnalisées, expressément visées par le Code de la démocratie locale. L’article L1122-35 définit un conseil consultatif comme « toute assemblée de personnes, quel que soit leur âge, chargées par le conseil communal de rendre un avis sur une ou plusieurs questions déterminées« . Un conseil consultatif est toujours institué par le conseil communal. Le conseil communal en fixe la composition, en fonction de leurs missions, et il détermine les cas dans lesquels leur consultation sera obligatoire. La commune a pour obligation de mettre à leur disposition les moyens nécessaires à l’accomplissement de leur mission. La loi communale exige également une certaine parité des sexes, puisqu’il ne peut pas y avoir plus de deux tiers de membres du même sexe.

Comme leur nom l’indique, ces conseils n’émettent pas d’avis contraignants. Cependant, dans certaines communes, une charte d’engagement réciproque est signée par les membres du collège et les membres du conseil consultatif des jeunes. Le collège consulte alors systématiquement le conseil des jeunes sur tout projet impliquant directement les jeunes ou en lien avec les thématiques définies. De plus, dans le cas où l’avis du conseil n’est pas suivi par le Collège, celui-ci devra justifier sa décision auprès des jeunes.

Les conseils consultatifs existent en Wallonie depuis la fin des années 60 et ont donc pour avantage d’être facilement mis en place. Toutefois, ce format est de type représentatif et s’avère être assez rigide dans sa mise en oeuvre. Seuls les jeunes élus ou sélectionnés peuvent se frotter à l’exercice démocratique, et ce seulement dans des temps précis.

2. Recourir à une plateforme numérique spécialement conçue pour la démocratie participative

Pour répondre au défi de l’engagement des jeunes, de plus en plus de communes font le choix du numérique. Bien plus qu’un outil de séduction, le numérique permet à l’ensemble de la population, y compris les plus jeunes, de se familiariser petit à petit à la démocratie locale. Accessible à tout moment et depuis partout, une plateforme de participation permet à chacun de s’exprimer ou de proposer une idée dans un cadre structuré. Les responsables politiques et l’administration peuvent, de leur côté, informer les citoyens et répondre aux remarques ou aux interrogations de manière pédagogique. Les projets communaux peuvent ainsi être co-construits dans un climat apaisé.

Sur les plateformes Citizenlab les communes peuvent mettre en place des projets visibles à tous, mais elles peuvent également créer des espaces réservés à des groupes spécifiques de citoyens. Cela a pour but de mettre en oeuvre des projets pour des groupes ciblés: les élus peuvent par exemple créer un projet seulement accessible aux citoyens de moins de 30ans et inviter les participants qui désirent s’investir davantage à des tables rondes. Les communes peuvent même envisager de collaborer avec les écoles du territoire communal pour mettre en oeuvre un projet avec les élèves.

Il ne faut pas oublier qu’une plateforme numérique de participation citoyenne n’a pas vocation d’être un espace de démocratie directe. Elle constitue plutôt un outil qui permet d’éclairer les responsables politiques sur les besoins et les priorités de la population. Dans le cas des politiques en lien avec la jeunesse, elle peut parfaitement être utilisée en complément d’un conseil consultatif des jeunes. Dans cette perspective, les jeunes élus pourraient utiliser la plateforme pour partager les propositions émises par le conseil consultatif avec le grand public. Cela permettrait une plus grande participation, et aiderait à rendre les décisions du collège plus transparentes pour les citoyens, augmentant ainsi la confiance et la volonté de prendre part aux initiatives futures.

Pour plus d’informations à ce sujet, n’hésitez pas à nous contacter via notre adresse email hello@citizenlab.co

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