Début 2017, l’initiative du Cabinet Citoyen a été lancée par la Région Flamande et la Fédération Wallonie-Bruxelles avec une idée en tête : mieux comprendre ce que les citoyens pensent de Bruxelles, et plus spécifiquement, quelle perception ils ont de la capitale belge. CitizenLab a été choisi pour s’occuper des plateformes de participation en ligne du projet.

Les résultats de l’expérience de démocratie participative bruxelloise ont été publiés il y a quelques semaines. Nous les avons disséqués pour vous : voici ci-dessous les 3 points à retenir de l’initiative. Et nous pouvons finalement répondre à la question : que pensent réellement les citoyens de Bruxelles ?

 

Vous pouvez lire un article sur le lancement de Cabinet Citoyen ici.

Burger Kabinet Cabinet Citoyen

Au sujet de Cabinet Citoyen

Voici comment l’initiative Cabinet Citoyen a été structurée :

–       Deux plateformes de participation en ligne, mises en place par CitizenLab, une en français et une en néerlandais.

–       Un outil de discussion en ligne, le Synthetron, permettent des sessions de discussion d’une heure pour débatre et atteindre un consensus sur les sujets choisis,

–       Deux assemblées citoyennes (une en français, une en néerlandais) de 150 citoyens chacune, qui se sont rassemblés en présence de Sven Gatz, Ministre flamand de de la culture, des médias,de la Jeunesse, et de Bruxelles, et Rachid Madrane, Ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, des Sports et de la Promotion de Bruxelles au sein du Gouvernement de la Communauté française.

Le temps de la consultation est terminé, et les résultats sont disponibles. Voici ci-dessous quelques données en bref sur l’expérience :

What Citizens Really Think about Brussels: Burger Kabinet & Cabinet Citoyen

source : Cabinet Citoyen

Lorsqu’ils ont évalué Bruxelles, les participants ont évoqué des sentiments plutôt positifs au sujet de la ville et de ce qui la rend unique, mais les critiques et les suggestions d’une amélioration avaient aussi leur place. Voici les trois grandes leçons à tirer de cette expérience :

1.     Flamands et Wallons perçoivent Bruxelles de la même façon

Qu’elles soient positives ou négatives, les perceptions de Bruxelles ont tendances à similaires au sein des deux communautés, ce qui a conduit à une évaluation globale de cette perception, sans faire la distinction entre communautés ou langues. Par exemple, les trois priorités pour Bruxelles dans les deux communautés sont :

–       “Bruxelles : une capitale”

–       “Bruxelles : un endroit pour vivre”

–        “Bruxelles : ville de culture”

Les seules légères différences qui ont été observées ont été un focus sur « Bruxelles : une ville pour travailler » pour les Flamands, et « Bruxelles : une ville sportive » pour les Wallons. D’autre part, sur la version néerlandophone de la plateforme, les participants ont souvent admis ne pas connaître très bien Bruxelles – ce fut moins le cas sur la plateforme francophone.

Voici ci-dessous les idées et les thèmes qui sont le plus souvent revenus sur la plateforme, rassemblés en nuages de mots :

FR

What Citizens Really Think About Brussels: Burger Kabinet & Cabinet Citoyen

NL

What Citizens Really Think About Brussels: Burger Kabinet & Cabinet Citoyen

source : Cabinet CitoyenBurgerkabinet

2.     Tous les atouts de Bruxelles ne sont pas exploités

Les participants ont une vision mitigée de Bruxelles :  même s’ils trouvent plein d’aspects positifs à la ville, ils sont toujours nuancés par des défauts et des objections. Les citoyens ont souligné que la capitale pourrait être améliorée si tous ses atouts étaient davantage exploités et promus. Par exemple :

  • Il y a beaucoup d’espaces verts très beaux dans la ville, mais les rues sont polluées et embouteillées
  • L’éducation bruxelloise est de très bonne qualité mais elle est trop fractionnée entre les deux communautés
  • Bruxelles est un lieu très riche en terme de diversité culturelle, cependant, la ville manque de liens entre communautés : la capitale belge est multiculturelle, mais pas interculturelle

Et ce dernier exemple introduit la dernière leçon de cette expérience :

3.     A Bruxelles, les divisions persistent

Les citoyens ont évalué Bruxelles de façon plus négative au sujet de la cohésion au sein de la ville, ou plus spécifiquement le fait qu’il en manque. Les participants ont partagé leur frustration au sujet de cette séparation.

Tout d’abord, la séparation entre les communautés flamande et wallonne : en ce qui concerne les activités, les initiatives, l’information disponible, et les ressources. Il a été souligné que cette division n’est pas représentative de la ville, et que les citoyens des deux communautés veulent se mélanger encore plus avec les autres, il en va de même avec la population internationale.

De plus, les citoyens ont insisté sur le fait que les 19 communes de Bruxelles ont des identités trop fortes, au détriment d’une cohésion plus globale de Bruxelles en tant que ville et capitale. Ils ont suggéré le développement d’une vision cohérente pour la ville, non pas basée sur les communes mais plutôt sur les compétences. Les bruxellois s’identifient davantage à leur quartier plutôt qu’à leur commune, de fait, ces frontières (qui deviennent donc incohérentes) pourraient être estompées et laisser plus de place à une capitale plus homogène.

Une autre division qui persiste est celle entre les niveaux de pouvoir. Globalement, les citoyens sont en faveur de plus de centralisation des compétences vers le niveau régional. Ils aimeraient des actions davantage coordonnées dans la ville-région, en particulier sur les thématiques de l’emploi, de l’innovation, et de l’entrepreneuriat. Ils proposent aussi des partis politiques multilingues qui pourraient parler à l’ensemble des habitants de Bruxelles sans distinction entre les communautés.

Alors que retient-on de la perception de Bruxelles ?

Voici les choses à se rappeler dans ce projet :

  • Les Flamands et Wallons partagent la même opinion au sujet des thèmes et des améliorations qui doivent être faites dans Bruxelles,
  • Les thèmes qui ont été les plus activement discutés sont la diversité, la cohésion, l’éducation et la mobilité,
  • Dans tous ces thèmes, les recommandations principales qui reviennent sont d’investir plus dans les infrastructures bruxelloises et la nécessité d’abaisser les barrières entre communautés.
  • En terme de gouvernance, les citoyens demandent un rôle plus grand de la région bruxelloise, au lieu des communes et des communautés.
  • Il y a des petits groupes de citoyens qui sont très enthousiastes à l’idée de participer et qui n’ont pas été considérés à la base : les expatriés. En effet, ils sont perdus dans le paysage politique bruxellois (entre séparation des langues et des niveau de pouvoir), la démocratie participative est donc une façon pour eux d’exprimer leurs attentes et de prendre part à la création et à la prise de décision dans la région où ils vivent.

Vous pouvez lire le rapport complet ici.

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