La participation citoyenne est indéniablement un sujet à la mode. Pourtant, le concept n’est pas vraiment récent. En plus des rendez-vous électoraux, un certain nombre de citoyens participent depuis longtemps à des conseils de quartier ou recueillent des signatures pour développer des projets qui leur tiennent à cœur. Dans cet article, nous allons vous prouver que ces pratiques « hors-ligne » sont loin d’être incompatibles avec des pratiques « en-ligne ».

Participation « hors-ligne » vs. participation « en-ligne »

Que choisir : Une participation en ligne facile qui rassemble les jeunes mais qui peut potentiellement dissuader un public plus âgé ? Une participation hors ligne, qui prend généralement plus de temps, mais conduit parfois à des résultats plus approfondis ?

Heureusement, il ne faut pas choisir un camp pour mener un bon processus de participation citoyenne ! Nous avons clairement remarqué qu’un méthodologie mixte renforce les résultats d’un projet de participation. Elle a le potentiel d’attirer un public plus large, plus inclusif et donc plus représentatif. Un processus « hors-ligne » et « en-ligne » combine l’efficacité et la commodité du numérique avec l’approche plus personnelle d’une méthode hors ligne.

Les innovations technologiques ont permis le développement de nombreux nouveaux outils de participation citoyenne. A titre d’illustration, les plateformes en ligne permettent aux citoyens de donner leur avis sur les projets politiques, où qu’ils soient et à n’importe quel moment de la journée. Les personnes qui travaillent, qui ont une famille ou qui éprouvent des difficultés à trouver un peu de temps libre en raison de leur agenda bien chargé, ont désormais la possibilité de participer aux processus de participation citoyenne de leur commune.

Toutefois, dans une perspective inclusive, les autorités locales ne doivent pas oublier les citoyens qui ne peuvent/savent/veulent pas utiliser ces outils numériques. Il est ainsi essentiel de conserver certains outils « hors-ligne » pour donner à l’ensemble de la population l’opportunité de s’exprimer. La participation « hors ligne » et « en ligne » peuvent être les deux faces d’une même pièce. Les deux méthodes peuvent se compléter pour atteindre le même objectif final, à savoir bâtir des ponts entre les gouvernements et les citoyens.

Pour vous montrer ce que cette méthodologie pourrait signifier pour votre ville ou comune, nous vous présentons deux études de cas intéressantes.

1. Des ateliers et des pigeons voyageurs à Temse

Temse est une commune belge de 29 528 habitants, située de la province de Flandre orientale. Elle a récemment lancé sa plateforme de participation en ligne www.temse.citizenlab.co. Le premier des objectifs de cette plateforme était de recueillir des idées pour le nouveau plan de mobilité. Le gouvernement local souhaite trouver des solutions pour améliorer la mobilité et la sécurité routière. La construction d’autoroutes cyclables, l’interdiction des véhicules motorisés dans le centre ou la conversion des rues ordinaires en circulation à sens unique sont quelques-unes des suggestions que les citoyens de Temse ont partagées sur la plateforme.

En plus de ce processus d’idéation dans le domaine de la mobilité, les élus donnent également aux citoyens la possibilité de partager leur avis sur les priorités politiques de ces 5 prochaines années. De notre point de vue, c’est une bonne stratégie, car le soutien des citoyens est crucial pour la réussite de projets politiques sur le long terme.

En plus de la plateforme en ligne, Temse utilise des méthodes de participation hors ligne. Par exemple, la commune a organisé un atelier « Mobiliteit voor Burgers » ( traduction : Mobilité pour les citoyens). Elle a invité les citoyens à faire connaître leurs questions, leurs visions et leurs préoccupations concernant la mobilité. Dans le cadre de cet atelier, les citoyens ont pu partager leurs idées et celles-ci seront ajoutées aux idées déposées sur la plateforme. Une deuxième réunion sera organisée pour présenter les contributions citoyennes et discuter des concepts clés.

La commune a également envoyé des cartes postales pour inviter les citoyens à utiliser la plateforme et à participer aux ateliers. Il était également possible d’écrire une idée au dos de la carte et de la renvoyer aux élus. De cette façon, les cartes postales ont non seulement attiré l’attention des citoyens sur la plateforme, mais elles ont également atteint les personnes qui ne maitraisent pas les outils numériques.

2. Un marché aux idées à Mol

Mol est une commune flamande de la province d’Anvers. Peuplée par 36 544 mollois, elle est surtout connue pour ses beaux lacs. Elle le sera bientôt pour son projet de participation réussi ! Au cours de la phase de préparation de PST, la commune a lancé une plateforme en ligne qui recueillir les feedbacks des citoyens sur plus de 50 idées proposées par les élus. Les idées ont été regroupées en 7 thèmes : l’égalité des chances, les services communaux, la vie publique dans une commune agréable, le tourisme, la mobilité et la sécurité, la langue et la réduction des émissions de CO2.

Dans le cadre de la campagne « Wat denk jij? » (traduction : Qu’en penses-tu ?), la commune a organisé un « marché aux idées », en ligne mais aussi hors-ligne. Les citoyens ont été invités à un évènement au cours duquel ils pouvaient lire les idées sur de grandes affiches et les commenter à l’aide de post-it. Cet événement a attiré 420 visiteurs qui ont collé plus de 2 500 post-its. Les citoyens qui n’ont pas pu se rendre à ce rendez-vous citoyen ont pu donner leur avis grâce à la plateforme wwww.mol.citizenlab.co.

Plus de participation dans votre commune ?

Vous envisagez d’utiliser des outils numériques de participation citoyenne dans votre commune ? Alors, vous avez peut-être des questions ? N’hésitez pas à nous les faire parvenir. Nous vous répondrons avec plaisir !

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