Cette année a été marquée par des conditions météorologiques extrêmes. Partout dans le monde, des villes de toutes tailles ont été ravagées par des catastrophes naturelles.

Les vagues de chaleur sans précédent qui ont frappé le Canada et la Finlande, les incendies qui ont dévasté certaines régions de France, de Grèce, de Turquie, des États-Unis ou de Sibérie et les inondations qui ont balayé des villages en Belgique, en Allemagne ou en Chine, sont autant d’exemples frappants des effets du changement climatique. Alors que les scientifiques mettent en garde contre les dérèglements du climat dus à l’activité humaine depuis des décennies, beaucoup ont été pris au dépourvu par la rapidité et l’intensité des récents événements. Les phénomènes météorologiques extrêmes sont-ils donc la « nouvelle normalité » ? Et si c’est le cas, que peuvent faire les populations pour accélérer leur préparation ?

Co-construire des solutions pour le climat

Alors que des débats sur le changement climatique ont lieu depuis des années, à tous les niveaux de la société, lorsque des décisions sont prises à l’échelle locale, elles sont souvent confuses et n’obtiennent pas l’adhésion des populations. Afin d’exploiter l’intelligence collective et de développer des solutions réellement pertinentes, les collectivités locales doivent impliquer les citoyens dans leurs réflexions sur le changement climatique, et ce aussi tôt que possible. Cela permet d’identifier ensemble les problématiques de chaque territoire et de co-construire des solutions adaptées.

En Écosse, le conseil municipal de Stirling s’est fixé comme priorité de faire participer la population à son plan d’urgence Climat et Nature. Plutôt que de remettre un long rapport à ses habitants, la municipalité a travaillé avec les habitants, via sa plateforme en ligne et ses différents outils (sondage, enquête, ateliers, etc.) pour élaborer un plan d’action et identifier les étapes pour le mettre en œuvre.

La participation citoyenne est un excellent moyen pour les collectivités locales de sonder l’opinion de ses habitants et d’identifier les priorités politiques. Il en va de même pour la lutte contre le changement climatique. En exploitant l’intelligence du groupe, les responsables politiques peuvent découvrir un trésor de bonnes idées ! Les habitants ont une connaissance fine de leur territoire, de leurs besoins et sont moins la cible des tractations de certains acteurs économiques, qui peuvent chercher à ralentir la prise en compte des enjeux environnementaux. Cela conduit à une prise de décision plus pertinente et plus démocratique.

Grand Paris Sud, une structure intercommunale au sud de Paris, est un exemple intéressant. Les responsables locaux ont lancé un projet de participation citoyenne pour inspirer le plan Climat, inciter à l’utilisation du vélo dans la zone et soutenir des projets de développement durable.

Penser le changement climatique autrement

Les projets de lutte contre le changement climatique que certaines collectivités ont lancés avec CitizenLab sont très inspirants ! De la création d’un potager communautaire à Amstelveen à l’installation de panneaux solaires par la population de Nieuwkoop, ces villes ont de quoi être fières. Malgré tout, le récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) concernant les effets du réchauffement de la planète montre qu’il reste encore beaucoup à faire… En réaction aux récentes catastrophes naturelles, de nouveaux type de projets voient le jour à travers la planète, comme par exemple :

  • Des projets de reforestation, comme à New York avec le développement de l’agriculture urbaine sur les toits de la ville, ou les forêts urbaines de Medellin, ou encore la plantation massive d’arbres en Inde.
  • Des solutions intelligentes pour le climat, pour rendre les villes plus durables et résilientes, grâce à des projets tels que ceux de l’agence d’urbanisme dédiée à la marche Monono, qui s’emploie à diversifier les usages des villes comme Bordeaux, Rouen ou Creil, et à les accompagner vers des parcours piétons en ville.
  • La conception de “villes-éponges” grâce auxquelles « l’eau est stockée sur place et disponible en cas de besoin ». À Sydney, les eaux pluviales usées sont traitées directement dans les habitations ou les centres commerciaux, et utilisées sur place pour les machines à laver ou les toilettes. À Rotterdam, un système particulièrement ingénieux a permis de construire une barrière qui protège la ville contre les inondations en absorbant l’eau par temps de pluie, et qui, par temps sec, sert également de skate park, accueille des spectacles, permet de faire du sport ou de se promener en toute convivialité.

Il est tout à fait possible de rendre nos villes plus durables, plus vivables et plus respectueuses de l’environnement, mais aussi, osons le dire, de les protéger des catastrophes naturelles. Et le chemin pour y parvenir n’est pas forcément aussi décourageant qu’il n’y paraît.

Rooftop garden
Un jardin sur un toit

Une plateforme numérique pour faire bouger les lignes

De nombreuses collectivités locales hésitent à faire participer leurs citoyens, par peur que leurs attentes soient trop élevées ou qu’elles ne soient pas en mesure de répondre à toutes les demandes. L’exemple du concours WWF Youth Awards 2021 montre à l’inverse qu’une plateforme numérique de participation citoyenne peut rendre le processus beaucoup plus efficace ! 

Lorsque le WWF a lancé son appel à projets auprès des jeunes de 16 à 25 ans en Belgique, tout le défi était d’atteindre ce public très sollicité en ligne et donc difficile à toucher. Les jeunes étaient invités à s’inscrire par groupes de six maximum, pour proposer un projet d’action sur l’une des trois thématiques suivantes : Alimentation durable, Climat et Nature en Belgique. Les projets étaient ensuite soumis au vote des participants et les cinq projets les plus populaires se sont vus récompensés d’un prix symbolique et d’un accompagnement d’un an par des experts du WWF. Le système de vote a permis une importante mobilisation des jeunes pour promouvoir leurs projets auprès de leurs communautés en ligne. Ainsi, ce sont plus de 6000 jeunes qui se sont inscrits sur la plateforme pour participer. Cela vous paraît énorme ? Mais c’est tout à fait possible !

En utilisant les outils numériques proposés par CitizenLab avec des messages clairs et ciblés, les organisateurs ont pu atteindre et mobiliser les jeunes sur des thématiques qui leur tiennent à coeur, et leur permettre de faire passer le mot très largement. Fort de ce succès, le WWF Belgique va relancer ce concours en 2022, pour montrer que chaque citoyen peut faire la différence et qu’en travaillant ensemble nous pouvons trouver des solutions pour le climat et passer à l’action.

L’heure du changement (climatique) a sonné

Comme le dit un proverbe chinois, « Le meilleur moment pour planter un arbre était il y a 20 ans. Le deuxième meilleur moment, c’est maintenant. ». Le changement climatique est là, et nous devons tous faire notre part pour en atténuer les effets néfastes. Si davantage de collectivités locales s’associent à leurs populations pour agir, nous aurons plus de chances de construire ensemble un avenir plus vert !