On entend beaucoup de choses à propos de l’avènement de la démocratie participative locale. L’idée de remettre le citoyen au cœur de la politique, et en particulier la politique locale, fait indéniablement son chemin, et c’est logique quand on sait que la démocratie connaît une crise de confiance.

Ce qui reste parfois nébuleux en revanche, c’est la valeur ajoutée du digital dans ce renforcement de la démocratie. En effet, pour beaucoup, la démocratie digitale et la participation citoyenne en ligne relèvent encore de l’effet de mode. Pourtant la valeur ajoutée du digital à la démocratie participative locale est bien réelle : si la démocratie cherche à rester moderne, accessible, fiable, inclusive elle doit passer au digital pour – paradoxalement – rester ancrée dans notre réalité contemporaine. Dans cet article on vous explique pourquoi.

1)   Pour une démocratie participative locale accessible

On pourrait croire que puisque la démocratie participative locale est locale, il est simple d’y accéder et donc d’y prendre part. Il n’en est rien. Rare sont les personnes qui ont les moyens et le temps de se rendre aux réunions publiques, de venir en mairie remplir un questionnaire ou un sondage, par manque de temps, de moyen de locomotion ou tout simplement car leur mobilité est réduite.

Le digital lève cette barrière de l’accessibilité en apportant les réunions publiques dans le salon des citoyens (ou ailleurs !), et en leur donnant la possibilité de contribuer à toute heure, via sa tablette, son smartphone ou son ordinateur. 

Pourquoi la démocratie participative locale a besoin du digital ?

Le digital peut aussi donner accès à la participation aux individus qui, même s’ils pourraient se rendre sur place, ne sont pas à l’aise lors d’une prise de parole en publique. Ce ne sont donc pas que des barrières physiques que le digital permet d’abattre.

2)   Pour une démocratie participative locale fiable

Même si c’est bien moindre qu’au niveau national, la politique locale ne fait pas l’unanimité : un quart des français ne disent pas faire confiance à leur maire. La démocratie participative locale, en impliquant les citoyens dans la prise de décisions, donne alors l’occasion aux hommes politiques locaux de faire preuve de transparence et de fiabilité.

Les outils digitaux sont une aide à cette reconquête de la confiance citoyenne : ils permettent un partage de l’information accessible au plus grand nombre, aussi bien en amont d’une consultation (données sur un projet, sur le budget, sur les ressources, etc.) qu’au moment de la décision (échéances, mise en place du projet ou des solutions choisies par les citoyens, etc.). Le digital permet qu’à chaque étape de la participation, la démocratie participative locale soit un processus transparent auquel les citoyens peuvent faire confiance. Et s’ils lui font confiance, ils seront plus enclins à s’investir dans la vie de leur commune.

3)   Pour une démocratie participative locale inclusive

On le sait, les réunions publiques sont souvent l’apanage d’un petit groupe de citoyens disponibles et engagés : on y voit souvent représentés les associatifs ou les retraités, par exemple. Des individus impliqués dans la vie de leur commune et intéressés par la chose publique, ou bien qui sont très disponibles. De là, il paraît difficile de baser la concertation et la prise de décision sur une tranche si restreinte de la population.

Le digital est une double solution à ce problème : tout d’abord, grâce aux barrières qu’il abaisse (comme celles mentionnées plus haut par exemple), il permet de façon globale de réunir plus de citoyens. Ensuite, il permet d’atteindre des tranches plus diverses de la population, notamment les plus jeunes, car le digital est leur terrain de prédilection, mais aussi les citoyens qui ne se sentent pas à leur place dans les réunions publiques et qui peuvent plus simplement faire entendre leur voix en ligne. Cela donne ainsi plus de crédibilité au choix final. En effet, selon le concept de l’intelligence collective, plus le nombre de participant est nombreux et plus leurs profils sont hétérogènes, plus le consensus obtenu est pertinent.

 Ces outils peuvent aussi être l’occasion de mettre la démocratie participative locale au coeur des discussions, entre amis ou en famille, ce qui agrandit aussi le nombre de participants et porte la connaissance de ces problématiques au plus grand nombre.

Pourquoi la démocratie participative locale a besoin du digital ?

4)   Pour une démocratie participative locale en pratique

Ici on entend pratique comme opposé de théorique. Pourquoi la démocratie participative locale reste la plupart du temps anecdotique ? Parce que dans l’esprit de beaucoup de citoyens, c’est une consultation qui a lieu en théorie. Souvent, on ne sait pas à quel moment elle se passe dans la prise de décision. Souvent aussi, on ne sait pas forcément sur quoi elle va aboutir. Si la commune qui lance une consultation ne prend pas d’engagement clair quant à l’issue de celle-ci, les citoyens sont réticents à s’impliquer car peu sûrs de l’impact qu’ils auront sur la décision. Il faut donc des outils pour que cette théorie de prendre le pouls de la commune et de consulter l’avis des citoyens se transforme en consultation pratique, et des engagements pris par les décideurs locaux.

Le digital permet cela car au-delà du moment de la concertation, il permet de l’encadrer :

  •   Avant : il permet d’informer les citoyens de façon simple sur le cadre de la consultation et ses enjeux, il permet de communiquer en toute transparence sur les temps de la consultation (la collecte d’idée, les votes, la mise en œuvre des projets, etc.).
Pourquoi la démocratie participative locale a besoin du digital ?

La ligne de temps présente sur les plateformes de participation CitizenLab

  •   Après : il permet de partager avec tous les citoyens l’implémentation du consensus.

Un exemple très pertinent de démocratie participative locale pratique et concrète est le budget participatif. Dans, ce cas, un budget est alloué aux idées citoyennes d’office. Ensuite, après un processus d’idéation et de vote des idées en ligne, les projets choisis par les citoyens se voient implémentés grâce à ce budget.

Conclusion : le digital au service de la démocratie participative locale

Le digital donne donc les moyens aux communes de s’attaquer aux grands défis de la démocratie participative locale, ce qui était jusqu’alors difficile avec des moyens traditionnels.

Du côté citoyen, cela permet d’avoir davantage de clarté quant au processus de participation et d’énoncer en un lieu facile d’accès (en ligne), les engagements de la commune.

Du côté des décideurs locaux, le digital permet de pouvoir s’appuyer sur un échantillon plus large de la participation, pour un meilleur consensus, et donc de meilleures décisions prises qui seront davantage en adéquation avec les attentes citoyennes. Cela peut convaincre les quelques derniers qui seraient encore frileux à l’égard de la participation citoyenne dans leur commune et des bénéfices qui en découlent.

 

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