Ces dernières années, la communication entre les gouvernements et les citoyens a évolué : on est passé d’une communication à sens unique « du gouvernement à vous » à une communication à double sens « le gouvernement et vous ». C’est le résultat d’un usage toujours plus grand des outils numériques. Ils permettent une collaboration encore plus étroite, ce qui crée de nouvelles manières de co-créer les politiques et services publics. En effet, à l’ère digitale, les nouvelles technologies permettent la participation en ligne ou e-participation.

Selon le chercheur A. Macintosh, la participation en ligne se définit comme suit :

« Une participation qui prend appui sur les nouvelles technologies dans des processus de gouvernance. Les processus peuvent concerner l’administration, la distribution d’un service, la prise de décision, et l’élaboration des politiques. »

Toutefois, au-delà de cette définition académique, il nous est parfois complexe de se représenter ce qu’implique la participation en ligne, pour les gouvernements comme pour les citoyens. Le processus reste assez flou et a besoin d’être décomposé pour une meilleure compréhension. Dans cet article, nous allons voir ce que signifie vraiment la mise en place d’un processus de participation.

Sur la base du modèle de participation défini par l’OCDE, les Nations Unies ont créé un cadre pour caractériser la e-participation. Il est composé de trois étapes :

  • La e-information (ou information en ligne) : c’est-à-dire donner au citoyen l’accès à toute l’information disponible au à propos d’un sujet spécifique, notamment afin qu’il puisse donner son opinion en étant bien informé
  • La e-consultation (ou la consultation en ligne) : c’est-à-dire permettre aux citoyens de prendre part aux délibérations en ce qui concerne la prise de décision sur les politiques publiques
  • La e-prise de décision (ou la prise de décision en ligne) : c’est-à-dire pleinement inclure les citoyens dans la co-création des politiques et services publics

e-participation

Nous allons vous guider à travers ces trois étapes dans les rubriques ci-dessous.

L’e-information : 1ère étape de la participation en ligne

La participation en ligne est un moyen efficace de tirer profit de l’intelligence collective des citoyens, cependant la finalité ne sera constructive et pertinente que si les participants sont bien informés à propos des thèmes auxquels ils veulent contribuer. Ils doivent pouvoir prendre en consideration tous les aspects de la problématique en jeu, d’où le besoin d’information.

participation en ligne

L’e-information, ou la diffusion de l’information de façon digitale rend davantage d’information (et de données en général) disponibles pour davantage d’individus. La seule condition nécessaire est de disposer d’une connexion internet. Ainsi, les outils digitaux peuvent aider à fournir un accès plus démocratique à l’information, ce qui est essentiel, à la fois pour les gouvernements et pour les citoyens.

Non seulement y’a-t-il un besoin d’avoir accès aux bonnes données, mais la (qualité de la) donnée doit aussi être fiable. Par données, on entend l’information nécessaire pour se faire une opinion sur l’élaboration des politiques : le budget et les dépenses du gouvernement par exemple (la liste complète des sujets est disponible sur le site du Global Open Data Index). Avoir des données fiables aide le processus de participation de deux manières :

  • Cela renforce la confiance des citoyens dans le gouvernement en renforçant la transparance et la responsabilité des institutions
  • cela permet aux individus de se faire un avis en étant pleinement informés, et donc de prendre part aux délibérations de façon plus pertinente

C’est exactement ce en quoi consistent la démarche Open Data pour les gouvernements. Les Nations Unies définissent ce type de donnée comme suit :

« des informations gouvernementales publiées de façon pro-active en ligne, dans le but d’un accès, d’une utilisation et d’une distribution pour tous, sans restriction »

e-participation participation en ligneUne façon simple d’évaluer comment les gouvernements partagent leurs informations avec leurs citoyens est de mesurer leur performance en terme d’Open Data. Le Global Open Data Index (GODI) est une évaluation indépendante de l’Open Data des gouvernements, d’un point de vue civique. Découvrez la méthodologie complète ici. Cette dernière suit les 8 principes de l’Open Data, qui est caractérisée comme telle :

  1. Complète
  2. Primaire
  3. A jour
  4. Accessible
  5. Lisible par un ordinateur
  6. Non-discriminatoire
  7. Non-propriétaire
  8. Sans licence

Pour une lecture plus complète sur le sujet, vous pouvez jetez un oeil à notre introduction à l’Open Data pour les gouvernements (en anglais).

L’e-consultation : 2ème étape de la participation en ligne

Afin d’arriver à une prise de décision basée sur le consensus, les gouvernements doivent consulter différents points de vue et permettre l’échange et le débat. Selon le principe de l’intelligence collective, l’information rassemblée à travers le processus devrait mener à une meilleure prise de décision, grâce à un savoir plus vaste collecté, plus de scénarios explorés, etc. La phase de consultation, ou de délibération, garantit simplement que chaque citoyen qui souhaite prendre part à la discussion soit capable de le faire, cela ne garantit pas en revanche que ces opinions et suggestions seront mises en place par l’administration (cela correspond à l’étape 3).

e-participation

Internet est un endroit idéal pour avoir ce type de délibération. En effet, c’est, pour la plupart, un endroit neutre et incontrôlé, de ce fait, il permet l’expression de toute idée, peut importe sa pertinence ou son exactitude, ce qui est rend la discussion d’autant plus démocratique et riche d’idées.

L’e-consultation, ou amener le processus de consultation en ligne, est bénéfique car cela donne l’opportunité à davantage d’individus d’interagir et d’ajouter de la valeur à la discussion. L’utilisation d’outils digitaux pour galvaniser le débat est donc un très bon complément à un processus de participation traditionnel, comme les réunions de quartier ou les sondages papiers. En effet, non seulement cela permet la participation d’un nombre plus grand de citoyens, mais l’utilisation de tels outils est également l’opportunité d’atteindre d’autres groupes démographiques, comme la jeunesse par exemple. En rassemblant davantage d’opinions de sources plus variées, le feedback citoyen a plus de chances d’être réellement représentatif de l’opinion globale. C’est une des manières les plus efficaces d’exploiter l’intelligence collective des citoyens.

Plusieurs outils peuvent être utilisés afin d‘initier la discussion en ligne. Même si les réseaux sociaux sont un média accessible et gratuit, des outils professionnels ont été développés afin de maximiser le résultat de la discussion, c’est notamment le cas des plateformes de participation en ligne. Leur valeur ajoutée réside dans le fait qu’elles simplifient la collection, l’organisation et l’analyse du feedback des citoyens. De cette façon, les gouvernement peuvent mieux suivre et comprendre la discussion.

L’e-prise de décision : 3ème étape de la participation en ligne

e-participationLa troisième étape du processus de participation en ligne est l’e-prise de décision. Dans cette étape finale, les citoyens participent réellement à la prise de décision finale. Pour cela, ils utilisent des outils digitaux. Cela peut par exemple prendre la forme d’un vote en ligne, ou bien même sans rendre l’action aussi officielle qu’un vote, le citoyen a toutefois l’opportunité d’exprimer une préférence envers l’adoption de l’un ou l’autre scénario. Par exemple, sur la plateforme CitizenLab, les citoyens peuvent montrer leur préférence ou leur aversion pour une proposition en cliquant sur « j’aime », « je n’aime pas ».

Au-delà d’une consultation, dans cette étape finale de la participation en ligne, les citoyens ont une garantie plus forte que leur opinion sera prise en compte à la fin du processus. Dans ce cas, les citoyens sont ceux qui ont le dernier mort, comme des conseillers, des députés, etc. Ils font, en quelque sorte, partie de l’assemblée décisionnaire. Cette étape finale est celle qui valorise le plus la foule, car les citoyens participent à part entière au processus de prise de décision, et pas seulement à la discussion préalable.

Cependant, souvent, seulement quelques propositions ne sont autorisées à émerger de la phase d’e-consultation vers la phase de e-prise de décision par les administrateurs. L’impact du processus de participation en ligne dépend fortement de la liberté et des garanties que les gouvernements consentent à donner.

il semble que ce modèle peut être utiliser à la fois comme un processus et comme une échelle. Ce que l’on veut dire par là, c’est que tous les efforts vers une démocratie participative sont des bons efforts ! Et même si le processus complet de peut pas être mise en place directement, l’implémentation d’une seule de ces étapes est déjà grand pas pris en direction de la participation citoyenne en ligne.

Pour conclure : la participation en ligne en quelques mots

Mettre en place avec succès un processus de participation numérique signifie faire ces 3 choses en ligne :

  1. Informer les citoyens à propos du sujet sur lequel ils seront consultés
  2. Permettre la discussion entre les citoyens de façon neutre et libre afin de générer un débat riche
  3. Donner du pouvoir aux citoyens en leur donnant la possibilité d’exprimer leur préférence sur la politique ou le service final qui sera mise en oeuvre

Encore une question sur la participation en ligne ?

N’hésitez pas à nous écrire dans les commentaires ci-dessous ou sur Twitter, et n’oubliez pas d’aller découvrir la solution de participation en ligne de CitizenLab ici.

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